Autres émissions

Les propos d’André Ampelas et de Pierre Darrort à propos de l’invention du passe Navigo

Commentaires à propos de l’émission suivante :

Eurêka ! Du déclic à l’invention : L’épopée d’André Ampelas à la RATP (interview partie1) : l’innovation du passe Navigo

Droit de réponse d’André Ampelas à propos du commentaire de Monsieur Darrort sur l’invention du passe Navigo

M. Darrort procède par amalgames et réécrit l’histoire ….

  •  Son « invention » (fonctionnant à distance et par infrarouge selon ses explications) n’a RIEN à voir avec Calypso, appelé NAVIGO à Paris (qui fonctionne « en proximité » et par radiofréquence).
  • Son invention est inadaptée au transport en commun : comment savoir (à distance !) qui a payé ?
  • S’il entend revendiquer l’invention du « concept » de télépéage piéton, je lui souhaite bien du plaisir….car il y a eu toutes sortes de réalisations avant que la technique « de proximité » ne l’emporte…. Rappelons à ce titre que les télépéages routiers existaient déjà au début des années 80, tout comme pour les piétons le contrôle d’accès par badge (exemple du siège d’EDF), sans oublier les télécommandes TV à infrarouge dont « l’invention » est voisine…
  • Toute invention part effectivement d’une idée (souvent d’ailleurs partagée ou débattue par plusieurs personnes…) mais ce qui débute le processus d’innovation c’est  avant tout la manière de réaliser l’idée (il n’y a d’ailleurs pas de brevet possible sans cela). Ensuite commence un autre combat, tout aussi nécessaire et bien connu des « innovateurs »: pour fabriquer et faire accepter le produit…(sous peine de voir l’idée retomber dans l’oubli).
  • C’est cette partie qui a sans conteste requis le plus d’efforts, échelonnés sur plus de 20 ans, et c’est probablement l’originalité de la manière de réaliser, d’ajuster, de diffuser cette innovation qui explique le grand succès de Calypso. Plus précisément :

– l’industrialisation de Calypso sous sa forme actuelle a débuté au début des années 90 (et non 92 ) dans une approche collective et progressive , en privilégiant des composants existants (pour limiter « l’innovation » au strict nécessaire) mais en incluant systématiquement les retours d’expérience des agents de la RATP , de ceux d’Innovatron (société de Roland Moreno appelée à participer au projet) , des exploitants de 5 villes européennes sélectionnées dans le cadre de projets européens, considérés depuis comme des modèles du genre …Toutes ces personnes ont sans conteste apporté leur pierre à Calypso…

– Au plan technique la norme internationale ISO 14443B (dont sera, en fait dix ans plus tard, issue la norme NFC à laquelle il est fait allusion) en sera une des retombées les plus marquantes : les passeports du monde entier le reconnaissent en tous cas concrètement par les royalties réglées à Calypso ….

– Les erreurs du passé (parmi lesquelles la tentative d’utiliser des cartes à contact à La Plagne –avec un temps de traitement pléthorique et inacceptable dans le transport– ou la modification de tous les péages de Paris à la fin des années 80 pour prolonger la vie du magnétique) ont également été prises en compte, à l’évidence…

– La lutte pour obtenir des nécessaires financements, pour surmonter toutes les réticences, les vents contraires pourrait donner lieu à un épais volume …

– La lutte pour la faire accepter par les agents de la RATP, par les premières villes, pour créer des clubs d’utilisateurs dans le monde a aussi été prenante et édifiante (Calypso est aujourd’hui présent dans toutes les villes françaises d’importance mais aussi dans une centaine d’autres, dans 24 pays dont plus récemment le Mexique d’où je vous écris)

Peut-être aurez-vous alors compris pourquoi je préfère le terme « d’innovateur » à celui « d’inventeur », (notamment trop limité dans le temps) et pourquoi, s’agissant de Calypso, le qualificatif de « père de Calypso » qui m’est souvent donné (et que je revendique volontiers) me semble plus adapté car, outre la dimension affective et de durée qu’il implique, il évoque pour moi aussi bien l’origine (le désir de faire émerger une troisième génération de péages après les péages magnétiques si bien réussis par mes prédécesseurs), que l’anxiété des premiers pas, la vigilance postérieure de tous les instants mais aussi la joie des apports positifs de ceux qui l’ont entouré (il y en a eu beaucoup et il y en a toujours….).

André Ampelas

Le commentaire de Pierre Darrort

Non ! André Ampelas n’est pas l’inventeur du Pass Navigo.

Comme il le dit lui- même l’aventure a commencé à la RATP avant qu’il ne soit Directeur des systèmes d’information, et donc en charge de ces problèmes de péage.

La RATP a déposé un brevet sous le titre Procédé de péage à infrarouge sans contact par carte à mémoire, notamment pour moyen de transport, et dispositif de péage utilisant un tel procédé en 1988, sous le N° 88 11758, dans lequel j’apparais comme inventeur avec Raoul Parienti de la société TICFIR qui mettra au point le prototype qui sera présenté pour validation à Christain Blanc en août 1992.

En 1990, André Ampelas ne croyait absolument pas au système. Pour vendre mon invention, j’ai été obligé de faire un film de présentation du concept début 1992, film (que je tiens à disposition) qui sera montré à Christian Blanc par son conseiller technique Laurent Meret. Christian Blanc me demandera de lui faire la démonstration d’août 92 à laquelle assistait, notamment André Ampelas. Séduit par le concept, mais prudent, Christian Blanc qui avait peur d’une opération “avion renifleur” chargera André Ampelas de vérifier la faisabilité industrielle du projet et lui demandera le plus grand secret sur son développement compte tenu des risques de non aboutissement – nous sommes au tout début de l’utilisation de la carte à mémoire, et personne à l’époque n’envisage de la faire fonctionner sans contact.

une carte à mémoire, laquelle intégrait un porte monnaie électronique (qui sera testé grandeur nature à La PlagneAndré Ampelas pour le Pass Navigo.

En bref, André Ampelas s’est contenté de reprendre le projet pour en durcir techniquement le prototype et l’industrialiser, ce qui n’est j’en conviens pas une mince affaire, mais désolé, il n’en est pas l’inventeur ! (…)

Retrouvez l’ensemble des commentaires de l’émission

Alexis

février 4th, 2014

No comments

Comments are closed.