Culture locale

La journée de la femme et le printemps des poètes

Rencontre féminine à Bagneux, Cachan, Clamart, Meudon et Paris

Emission Culture locale présentée par Sylvie
diffusée le lundi 29 mars 2010 à 19 heures (puis rediffusée toutes les 5 heures jusqu’à mercredi + durant le week-end suivant toutes les 10 heures)

Oeuvre collective CSC Jacques Prévert de Bagneux

Oeuvre collective CSC Jacques Prévert de Bagneux

Pour célébrer la journée de la femme et de la poésie, Otoradio est tout d’abord allée à la rencontre des femmes qui participent aux ateliers d’alphabétisation et d’arts plastiques du Centre Social et Culturel Jacques Prévert à Bagneux (Hauts-de-Seine, 92). Nous les avons suivies à la Maison des arts de Bagneux , pour l’exposition Les Afriques autrement qui présente jusqu’au 16 avril, dix artistes d’origines africaines travaillant sur le thème du recyclage, du collage et de l’assemblage, nous nous sommes ensuite dirigées vers le théâtre Victor Hugo pour y découvrir la galerie de portraits d’étranges étrangers du plasticien Mustapha Boutadjine (en référence au poème de Jacques Prévert),  et son exposition Black is toujours beautiful, mais c’est le Centre qui au retour nous dévoile sa plus belle œuvre collective, un portrait de femme réalisé par les femmes de l’atelier d’arts plastiques, guidées par Françoise et Marie-Hélène les deux animatrices.

Andrée Chedid déclare dans une interview en 1982 : « J’écris depuis longtemps et je ne pars pas de l’a priori que je suis une femme ».

Vous écouterez les poèmes de Ada, Andamioly et Lise et le témoignage de Marie-Luce de Cachan qui répond aux questions de Rita, animatrice d’Otoradio.

Nous avons confié le micro à Lise le temps d’un voyage sonore entre la gare de Meudon (92) et le Quai de la tournelle à Paris, pour rejoindre Catherine Benas sur le lieu de sa performance. Samedi 20 mars à 14 heures, nous prenons le train à double étage en gare de Meudon, notons qu’il y a peu de voyageurs, il fait beau, c’est le premier jour du printemps, les portes se ferment et nous partons…

Nous avons ensuite rencontré Armelle Le Bras-Chopard, auteure de l’article : A la recherche d’une mondialisation de la parité, le trentième anniversaire de la CEDAW, traduit en anglais et en espagnol et prochainement en chinois et arabe et paru ce 11 mars sur le site consacré à l’analyse de faits de société d’un point de vue international : Chaos International.

2010 est aussi l’année de la réunion de bilan de l’évaluation de la mise en œuvre du programme d’action de Pékin (PAB). L’Assemblée Générale des Nations Unies a nommé la commission de la condition de la femme (CCF/CSW) pour prendre en charge le suivi de l’application de ce programme à travers 12 domaines critiques.

Entretien avec Armelle Le Bras-Chopard

Otoradio :   La condition des femmes vous intéresse-t-elle ?
Armelle Le Bras-Chopard : Oui, je traite dans mes livres de la question du genre, notamment des femmes et en particulier des femmes en politique. Josepha Laroche avec qui nous travaillons sur des questions internationales m’a demandé de rédiger un article sur son site Chaos International pour célébrer le centenaire de la journée de la femme. J’ai souhaité écrire un article sur une instance internationale, la CEDAW, moins connue que la Conférence de Pékin mais qui lui est pourtant antérieure.

L’historique de la CEDAW

La CEDAW est la Convention pour l’élimination des discriminations envers les femmes. Elle a été créée en 1979 et mise en vigueur en 1980. Des femmes émanant de la société civile, exerçaient, avant la seconde guerre mondiale et dans de nombreux pays, des fortes pressions sur les gouvernements pour obtenir l’égalité des droits entre les sexes. Dans bien des pays les femmes n’avaient pas les mêmes droits civils et dans certains d’entre eux, notamment en France, elles n’avaient pas non plus les mêmes droits politiques. Il s’est agit tout d’abord de promouvoir une égalité juridique. C’est donc sous cette pression que l’ONU va nommer une commission, mandatée pour élaborer des normes internationales et faire des recommandations en matière de droit des femmes auprès de l’Assemblée Générale des Nations Unies. C’est ainsi qu’est née la CEDAW, mais il faut préciser que toutes les actions se sont mises en place et continuent de s’engager très doucement et que la CEDAW ne s’applique pas sans difficultés à l’intérieur des Etats. La CEDAW est avertie des violations des droits des femmes par des associations ou des particuliers de chaque pays, elle va envoyer ensuite des experts dont le rapport sera transmis chaque année à l’Assemblée Générale des Nations Unies.
La Convention a été signée par la quasi-totalité des Etats, excepté la Somalie, le Soudan et l’Iran. Mais tous les signataires n’ont pas ratifié la Convention. Les Etats-Unis, par exemple, à cause de l’article concernant le droit des femmes à disposer de leur corps et les droits procréatifs et les pays musulmans, à cause de l’article mentionnant l’égalité des sexes dans le mariage et l’ensemble des rapports familiaux.

Otoradio : Qu’est-ce que le gender gap ?
Armelle Le Bras-Chopard : C’est la part d’inégalité observée entre les hommes et les femmes dans leur vie quotidienne et dans leurs droits. En France, par exemple, on constate que les femmes ont des difficultés à être élues. Elle se résorbe aussi bien sur le plan juridique que sur le plan éducatif, en luttant par exemple contre les stéréotypes. Le Bénin, par exemple, a depuis trois ans rendu obligatoire l’école primaire pour les filles.

Otoradio : Admirez-vous une femme qui, selon vous, a contribué à l’émancipation des femmes ?
Armelle le Bras-Chopard : Simone de Beauvoir, mais ce n’est pas original, de plus je ne suis pas tellement pour les modèles, mais ce qui m’intéresse c’est qu’elle analyse, dès 1949, comment les femmes finissent par coller aux stéréotypes de la femme fabriqués par les hommes, et aussi sa critique sur l’essentialisme et le naturalisme. Mais comme modèle je pense plutôt à ma mère.

Armelle Le bras-Chopard est Professeur de science politique à l’Université de Versailles St Quentin en Yvelines et l’auteure de : Les femmes et la politique (dir.avec J.Mossuz-Lavau) (L’Harmattan, 1997), Le zoo des philosophes (Prix Médicis Essai 2000) (Plon, 2000),  Le Masculin, le sexuel et le politique (Plon, 2004), Les Putains du Diable. Le procès en sorcellerie des femmes (Plon, 2006) et Première dame, second rôle (Seuil, 2009).

Propos recueillis par Sylvie

A écouter :

sylvie

mars 29th, 2010

2 comments

2 Comments

  1. sylvie says:

    Bienvenue chère Myrtille et voisine ! j’ai vu les très belles photos sur les femmes palestiniennes, bravo. Merci pour tes encouragements, reste à l’écoute nous allons diffuser un reportage sur Gentilly bientôt.

  2. Myrtille says:

    Bonjour et bravo pour votre radio, ça fait plaisir de voir une radio de proximité. Tous mes encouragements pour continuer 🙂
    Je vous invite à voir la galerie photo des portraits de femmes de Gentilly qui a eu lieu pour la journée de la femme le 8 mars dernier :
    http://www.myrtille.book.fr/galeries/expo-femmes-gentilly/
    Bien à vous et longue vie à Otoradio !

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